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 TENNIS AMATEUR, DES ANECDOTES

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arabem
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MessageSujet: TENNIS AMATEUR, DES ANECDOTES   Lun 28 Mai - 10:13

Papy perf


LA SERVIETTE ENROULÉE autour
du cou, un petit jeune de Pontoise
(78 ) vient de jouer contre Max : « Je
lui ai envoyé une balle bien déportée
à droite. Si mon coco la ramenait,
celle-là… J’avais même posé la tête
de la raquette par terre, tellement
j’étais sûr. Et il l’a ramenée !C’est un
phénomène. » Michel, soixantedouze
ans, étrillé par Max, quatrevingt-
sept ans, ne se fera jamais à
ces guiboles éternelles. Max Salomon
a commencé tard, mais ne veut
plus s’arrêter.
À quarante-trois ans, après une
expertise de très bon nageur et de
rugbyman corpo, sa femme le
somme de choisir, suite à la fracture
de trop. « C’est le rugby ou moi. » Ça
sera le tennis, pour une carrière
d’une stabilité exemplaire. Jamais
plus haut que 30/2 à l’époque des
raquettes en bois Gauthier sur
mesure, mais jamais moins bas que
30/5, Max est aujourd’hui le plus
vieux classé de France. Mais, porté
par une énergie dévorante, la
démarche volontaire attestée par le
regard mutin de François Mitterrand,
il aimerait hisser le record encore
plus haut dans l’âge et dans le classement.
« Je n’ai pas ditmon dernier
mot. Il faut que je remonte, quand
même ! » Problème : Max ne fait
plus de tournois depuis trois ans.
Rendu soucieux par les ennuis de
santé de sa femme, il avait perdu la
fibre. À ses hauteurs, il ne trouve pas
non plus beaucoup d’adversaires de
sa catégorie. Même en piochant
dans les (rares) tableaux des plus de
75 ans, il aura toujours dix ans de
plus que des vétérans juniors quand
même plus fringuants. Il y a sept ans,
l’octogénaire électrique s’était inscrit
à Saint-Malo chez les plus de 70
ans. Battant un 30/2 à vingt heures,
en dépit des règlements octroyant
vingt-quatre heures de repos à nos
grands-pères vitaminés, il devait
rejouer le lendemain, à 9 heures.
Voilà les soucis des extra-seniors. Il
ne faut pas cacher non plus l’obstacle
des artères. Aussi alerte soit-il,
Max a récemment fait un malaise
après un match, suivi de vingt et un
jours d’hospitalisation au centre cardiologique.
Les docteurs ont bien
compris qu’un arrêt brutal de la carrière
serait une prescription inadaptée.
« Mais ne forcez pas », ont-ils
prévenu. Fichtre, aurait-on dit à son
époque. « On me dit souvent de
jouer pour m’amuser, plus calmement.
Mais il faut que je me batte !
Je frappe, je cours. Je ne joue pas au
petit jeu comme beaucoup de vieux.
À toi, àmoi, toute la journée, ce n’est
pas mon jeu. »
Ce style l’a porté en finale de Ligue à
huit reprises entre soixante-cinq et
soixante-quinze ans, et même une
fois sur le court no 10 de Roland-Garros
pour les Championnats de
France. « Contracté » par l’enjeu
malgré une si respectable roublardise,
il n’a jamais su honorer victorieusement
ces grands rendez-vous.
Mais son histoire est interminable. Il
avait déjà repris l’entraînement en
février après son malaise, un peu
tropmollasson à son goût. Le 17 mai,
il filait à Bry-sur-Marne pour le
compte de la Coupe Caren des plus
de 70 ans. Un double en trois sets,
quelques courbatures et la victoire à
l’arraché. À la plus grande fierté de
ses cinq arrière-petits-enfants.
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vdd
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MessageSujet: Re: TENNIS AMATEUR, DES ANECDOTES   Lun 28 Mai - 10:25

C'est marrant, il y a une dizaine d'années, j'ai rencontré un vieux qui jouait super bien au tennis qui s'appellait Michel. Il avait plus de 60 ans et il jouait toute la journée. Il avait un niveau de 30/5 facile.
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Esteuf
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MessageSujet: Re: TENNIS AMATEUR, DES ANECDOTES   Lun 28 Mai - 10:39

vdd a écrit:
C'est marrant, il y a une dizaine d'années, j'ai rencontré un vieux qui jouait super bien au tennis qui s'appellait Michel. Il avait plus de 60 ans et il jouait toute la journée. Il avait un niveau de 30/5 facile.

Cela doit faire assez mal au dos et tout lorsque l'on joue assez vieux et souvent ... Surtout si on joue sur dur. Il jouait sur quelle surface ?

Apres, s'il jouait bien, il devait avoir un niveau sûrement supérieur a 30/5, parce que maintenant, ça ne veut plus dire grand chose ... il suffit de battre 2 ou 3 NC pour être à ce niveau la ... et dire qu'ils vont encore rajouté un classement ... Ils essaient de faire comme pour le bac, il faut que tout les licensiés soient classés :mdr:
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vdd
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MessageSujet: Re: TENNIS AMATEUR, DES ANECDOTES   Lun 28 Mai - 11:44

Esteuf a écrit:



Cela doit faire assez mal au dos et tout lorsque l'on joue assez vieux et souvent ... Surtout si on joue sur dur. Il jouait sur quelle surface ?


On jouait sur des espèces de dalles bizarroïdes en plastique. Genre de truc que j'ai vu que chez moi à Arcueil. Mais je crois que ce gars là avait commencé très tard mais avait été un gros compétiteur en athlétisme dans sa jeunesse. Il venait le matin avec un paquet de pruneaux, des bananes, de la flotte et il restait sur les courts toute la journée. Il a fait ça pendant au moins un an.
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Babou
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MessageSujet: Re: TENNIS AMATEUR, DES ANECDOTES   Lun 28 Mai - 11:57

Impressionnant quand même, d'avoir autant la peche à cet age là !! Shocked
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Esteuf
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MessageSujet: Re: TENNIS AMATEUR, DES ANECDOTES   Lun 28 Mai - 13:14

vdd a écrit:
Esteuf a écrit:



Cela doit faire assez mal au dos et tout lorsque l'on joue assez vieux et souvent ... Surtout si on joue sur dur. Il jouait sur quelle surface ?


On jouait sur des espèces de dalles bizarroïdes en plastique. Genre de truc que j'ai vu que chez moi à Arcueil. Mais je crois que ce gars là avait commencé très tard mais avait été un gros compétiteur en athlétisme dans sa jeunesse. Il venait le matin avec un paquet de pruneaux, des bananes, de la flotte et il restait sur les courts toute la journée. Il a fait ça pendant au moins un an.

oui jamais vu ce genre de surfaces Shocked
Moi vers chez moi, il y a des courts en dur et en terre battue. J'ai aussi joué sur les cours d'Auray (en intérieur), un des plus grands tournois juniors (PHM Nadal Murray Clijsters l'ont gagné !). sauf que moi je n'ai pas joué le tournoi Laughing juste sur les mêmes courts ^^.

Peut être que les dalles amortissaient mieux les "chocs" mais en tout cas, jouer toute la journée à son âge ... faut être super solide physiquement.
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arabem
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MessageSujet: Re: TENNIS AMATEUR, DES ANECDOTES   Mar 29 Mai - 10:59

Seconde main

MALADIE DE KINBOCK : maladie
génétique rare du poignet, nuisible
au joueur de tennis. Funeste ostéonécrose
du semi-lunaire pouvant
dérégler une vie bien ordonnée. À
vingt-huit ans, Vincent Thomann,
frère aîné de l’ancien pro Nicolas qui
compte une victoire contre Andre
Agassi en 2001, est un professeur
précoce et dynamique du TC Illberg
(Alsace) croyant souffrir d’une tendinite.
Droitier, la nuance sera
d’importance.
Huitmois de douleurs de plus en plus
vives le poussent à faire, en 1994,
des examens complets chez le professeur
Foucher, spécialiste de la
main. Le verdict tombe, aussi radical
qu’imprévisible. « Vous ne pourrez
plus jamais jouer. » Kinbock a frappé
: tel un marteau-piqueur, la répétition
des chocs a entraîné une petite
déformation déclenchant un micromouvement
d’envergure générale.
La mécanique est en branle, plus rien
ne pourra l’arrêter. Choc. Vincent
Thomann n’a plus de main droite
pour caresser la balle et plus de travail.
« Deux mois de flottement », se souvient-
il. À tenter d’oublier le passé
d’un adolescent surdoué empressé
de gravir les échelons : non classé à
treize ans, – 2/6 à dix-neuf. Furieusement
ébloui par la passion du tennis,
sauvagement fauché en plein vol, il
tapote un soir au club de la main
gauche, presque par hasard, juste
pour humer les particules élémentaires
d’un court de tennis. Et la folle
idée commence à germer.
Il a du temps et pas grand-chose
pour rêver. Premier seuil, le gaucher
forcé maltraite rapidement des 30/1
« valides » en match amical.
Deuxième étape, il accroche des 15/4
en courant partout comme un dératé.
Consécration au tournoi de
Thann, en avril 1995, après près d’un
an de précarité : avec sa nouvelle
licence de non classé, il va jusqu’à
battre un 15/2 à la seule force de son
poignet gauche.
« J’ai repris dans l’esprit comme si
j’étais un gamin de douze ans, en
écumant tous les tournois, se souvient-
il. Je m’entraînais comme un
fou ! Au niveau sensations, on ne s’y
retrouve pas. Le service était
minable, la main évidemment maladroite.
Je subissais le jeu tout le
temps. Mais j’avais de bonnes
jambes et des notions de stratégie
élaborée. Et j’ai fini par battre quatre
4/6. Pas mal… Mais au-dessus, je
n’y suis plus arrivé. Dès que ça allait
vraiment trop vite, j’étais perdu. Dès
que je servais, je prenais un
“pain”... »
– 2/6 à droite, 5/6 à gauche avant
d’arrêter en 2000, Vincent Thomann
figure en bonne place au palmarès
des joueurs complets et courageux.
Et si, en son honneur, l’on créait un
Grand Chelem des deux mains, un
set entre droitiers, un set entre gauchers,
prière d’inverser les poignets
pour le revers à deux mains ?
Réhabilité, il retrouva grâce à son
abnégation un job conforme à ses
prédispositions. Pendant le deuil de
son poignet droit, qui le fera souffrir
à vie, le coach avait perdu sa petite
armada de joueurs de première série
(dont son frère, parti chez Benhabilès)
et se contentait des petites
leçons pour poussins. Mais sa main
de secours lui permit rapidement de
réentraîner la crème alsacienne.
À quarante et un ans, il tente parfois
de se renseigner aujourd’hui sur
l’évolution de la recherche pour
contrer la maladie de Kinbock. On en
est toujours au point mort.
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arabem
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MessageSujet: Re: TENNIS AMATEUR, DES ANECDOTES   Mer 30 Mai - 10:48

Coupe au carré
ATTENTION, vaudev i l le des
années 1980. Pierre Maréchal,
Savoyard classé à – 2/6, avait un service
ébouriffant. Jusqu’au moment où
sa première balle ne passa plus, ou
mal, de manière inexplicablement très
localisée. Atone à Aix-les-Bains pour
un critérium, bombardier en aces à
Romans, à nouveau fort dépourvu de
retour à Aix pour le compte du circuit
Marlboro, il finit par écouter les railleurs
qui l’entendaient s’invectiver au
sujet de sa panne géographique.
« T’inquiète, c’est sûrement le carré de
service qui n’est pas à la bonne
taille ! », claironnaient les moqueurs.
Les prenant au mot, Maréchal sortit le
mètre et mesura le périmètre de son
champ d’action favori. Stupeur : il
manquait effectivement… 36 centimètres.
Puis gros trouble : il manquait
36 centimètres de long sur les quatre
carrés de service des onze courts du
club ! De fins limiers auscultèrent aussitôt
le terrain sous la bulle. Ouf, celuilà
avait échappé au carnage. Il fallait
enquêter. Sabotage ? Complot ?
Déplorable intendance ? La dernière
hypothèse ne fut pas retenue. Dévoué
à ses courts, l’agent d’entretien retraçait
intégralement tous les ans des
lignes délicatement peintes à l’huile de
lin. Mais alors ? À force de palabrer, la
solution du mystère finit par percer.
Premier indice : l’homme d’entretien
refaisait les courts à l’identique d’une
année sur l’autre ; la première fois, il
avait lu sur un papier volant les
mesures à respecter pour le carré :
« 6o40m » . Ainsi, l’homme avait pris
le point élargi pour un zéro… et normé
la ligne, une bonne fois pour toutes, à
6,040 mdu filet… Depuis des années,
les licenciés du club aixois jouaient
avec une cible raccourcie. Combien de
services gagnants se sont ainsi évaporés
? En attendant, il fallait d’urgence
sauver le tournoi traversé par les ricanements.
Juge-arbitre, Bruno Vetre instruisit une
réunion de crise avec les participants.
« Ou vous me signez une décharge ou
vous préférez quitter le tournoi sans
que l’on vous compte un w.o. (forfait).
» Sans doute parce que personne
n’avait rienremarqué avant la curieuse
découverte, chacun choisit de rester.
On en vit seulement certains s’échauf-
CETTEFOIS, ça y est. Après trois participations
infructueuses, Pauline Parmentier
(155e mondiale) a remporté
hier son premier match à Roland-Garros.
Ce ne fut pourtant pas une partie
de plaisir : l’Ukrainienne Mariya
Koryttseva (257e), qui craqua dans le
premier set avant de s’emparer du
deuxième, l’obligea à courir après le
score jusqu’à 5-5 dans le troisième.
« J’avais mal aux abdos, expliqua Parmentier,
strappée pendant le match. À
l’échographie vendredi, on a vu que
j’avais une élongation. D’habitude, je
me sers de mon service comme d’une
arme ; là, j’étais gênée, je ne pouvais
pas faire mieux que des mises en jeu.
Mais bon, elle n’avait pas non plus un
grand service. Je sentais vraiment que
ce match était à ma portée. À la fin,
quand le public a crié sur mes points,
j’ai ressenti des frissons. Ce n’était que
du bonheur. » Au prochain tour, elle
affrontera la Chinoise Li Na, tête de
série no 16. – G. M.
AU BOUT de l’attente, un sourire.
Celui de Stéphanie Cohen-Aloro (138e
WTA), qui a terrassé Anastasiya Yakimova
(112e) : hier, la Bélarusse n’a pas
marqué un jeu. L’interruption de la
rencontre par les intempéries, lundi
(sur le score de 7-6, 1-1 pour Cohen-
Aloro), a donc profité à la Française.
« Lundi, notre match était prévu à
11 heures, raconte-t-elle. À 15 heures,
on était déjà bien contentes de commencer
! Après, il pleut, c’est glauque.
On ne fait rien, on ne sait pas quand on
doit manger ou s’échauffer. Finalement,
la journée s’achève, on n’a joué
qu’unset. C’est fatigant. Et ce n’est pas
facile de trouver le sommeil. Au réveil,
j’étais nerveuse, comme si j’avais pris
une cuite. Mais je me suis dit qu’il
valait mieux être dans ma situation
que la sienne, que je devais rentrer
dans le match tout de suite. Et j’ai
déroulé. » Au tour suivant, elle retrouvera
la Tchèque Kveta Peschke, qui a
sorti hier Nadia Petrova. – G. M.
fer spécifiquement au service sur ces
terrains hors normes. « Un bon serveur
s’adapte au terrain », conclut le plus
philosophe.
À la fin du tournoi, alertés par le petit
tapage médiatique, une dizaine d’éliminés
précoces, arguant du non-respect
des règles, demandèrent (en vain)
l’annulation de leur résultat. Aussitôt,
les lignes furent cassées pour renouer
avec la pure tradition du jeu. Un court
laps de temps, il y eut des terrains
estampillés FFT qui cotoyèrent des
courts habilités pour « Jeux sans frontières
» . La différence était frappante.
« Mais comment n’a-t-on rien pu
voir ? », murmura en son for intérieur
le juge-arbitre. Officiant dans la foulée
au tournoi d’Annecy, il s’empressa de
vérifier discrètement la longueur du
carré de service : 6,40 m.
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arabem
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MessageSujet: Re: TENNIS AMATEUR, DES ANECDOTES   Jeu 31 Mai - 9:12

Victoires à la Puel

PARMI LES NON-ANONYMES peuplant
les coulisses de ce sport universel,
Claude Puel, pourtant jadis licencié
au très sélect Monte-Carlo Country
Club, n’est pas une personnalité complaisante.
Il ne poussotte pas une balle
noircie par les lunettes de soleil et ne
parade pas au « French » avec un chapeau
à paille. Quand il s’y met, il respecte
méthodiquement le manuel de
l’opération commando. S’arracher, ne
rien lâcher, liquéfier l’adversaire. On
ne souhaite à personne d’être désigné
par le sort pour faire face à l’ancien
entraîneur de Monaco aujourd’hui à
Lille. Avec ses cuisses de footeux, son
souffle d’ancien milieu de terrain
défensif, sa rigueur, sa science tactique
et son exécration de la défaite
(ne vous avisez pas de gagner à la
belote contre lui), il représente le piège
absolu. Pas question pour “Competitor”
d’entortiller les vertus sportives.
« Faire du sport, c’est bien. Mais le
sport comme je l’entends, avec ses
valeurs, le dépassement de soi, le respect
de l’autre. Le sport, c’est quand
mêmeextraordinaire quand il n’y a pas
tout ce qui peut pourrir certaines situations.
C’est un instantané de vie. »
C’est un puriste non-classé qui, à l’été 2001, en pleine année sabbatique,
prend donc une licence à Monaco. Les
statistiques d’abord : six tournois
joués, une dizaine de tours passés à
chaque fois, parfois trois matches dans
la même journée, des perfs à 15/2 et
une récompense en forme demontée à
15/3.En à peineun trimestre, lemétéorite
sème le trouble dans la troisième
série azuréenne. Sans crampons, mais
avec le bagage du footballeur éclectique.
« Le tennis rappelle l’effort du
foot au niveau du déplacement et de
l’anticipation. Vous verrez beaucoup
de footeux à l’aise en coup droit. Et
quand on visualise ce qu’on va faire,
c’est une approche similaire à celle des
attaquants. Quand ils frappent, ils
savent où il vont mettre le ballon dans
le but. » Prédisposé « à tout renvoyer
», doté d’un joli passing, Puel se
régale surtout de découvrirdans le tennis
un extraordinaire exercice mental.
Où l’autre devient un jouet dans les
griffes des plus aguerris. « Quand on
vient d’un sport co où l’on dépend des
autres, c’est avec plein de fraîcheur
que l’on se ressource dans ce un contre
un. On ne peut compter que sur soi.
C’est une sensation extraordinaire
d’utiliser toutes ses armes disponibles
pour gagner. Moi, j’adorais pousser
l’autre à la faute. J’ai fait péter un câble
à des joueurs dix fois meilleurs que
moi… Ce fut mamanière àmoi de rester
compétiteur, de ne pas me relâcher
en pensant à la suite. Ce fut vraiment
un petit intermède sympa... » Car,
depuis qu’il amigré à Lille – les classés
nordistes ne s’en plaindront pas –,
Claude Puel n’a pas joué plus d’une
heure en cinq ans. En souvenir de ce
show d’un été, il a seulement conservé
des liens avec le monde du tennis par
l’intermédiaire de Michel Franco, jadis
kiné à l’AS Monaco, aujourd’hui dans
la structure de Mauresmo. Et il adore le
mental d’Amélie. Dans sa bouche, un
vrai compliment.
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arabem
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MessageSujet: Re: TENNIS AMATEUR, DES ANECDOTES   Ven 1 Juin - 9:45

Marathon match

ÀCÔTÉ DE LUI, même Davydenko, le
plus stakhanoviste des pros, fait figure
de petit joueur. Brisons cependant le
mythe de l’homme bionique : le Provençal
Arnaud Pujuguet, plutôt mince
et élancé pour ses quarante-sept ans,
n’est pas doté d’une carapace physique
singulière. Il ne s’entraîne pas,
ne s’étire pas et travaille la nuit au pub
La Cave de Carry-le-Rouet dont il est le
patron. Merci pour l’hygiène de vie.
Cet homme est pourtant recordman
français du nombre de matches joués
dans la saison 2005-2006 : 196. Oui,
196, soit sur huit mois une moyennede
28 matches par mois, presque un par
jour. Ou pour faire court, deux saisons
d’un pro goulu en une. Chiffre fourni
par la FFT. Lui chipote, parle de
197 rencontres, voire de 202 si l’on
veut bien y ajouter ces cinq matches à
cheval sur septembre-octobre, à la
trêve. Passons.
Arnaud Pujuguet, du TC Châteauneuf
Amendeirets, a sillonné le midi de la
France, honorant de sa présence
59 tournois sans jamais se retirer.
Question d’honneur. Durant les
périodes de surchauffe, il a disputé 34
matches en mai et 36 en juin. Puisque
la plupart des rencontres se tiennent le
week-end, il lui est arrivé de matcher
huit fois du vendredi au dimanche. Il
pouvait être à 9 heures du matin à La
Ciotat, dans l’après-midi à Pra-Loup,
et conclure le marathon des matches à
Marseille en début de soirée. Il a mis
beaucoup d’huile dans la voiture et
amorti le forfait du portable pour caler
avec les juges-arbitres ses innombrables
rendez-vous. Évidemment,
toutes les nuits ou presque (il a dormi
un soir à l’hôtel à Pra-Loup), sa
conscience professionnelle le rabattait
à La Cave passé minuit. Et il a déroulé
sans la moindre blessure. « Un début
de tendinite en octobre », relativiset-
il.
Nonclasséen début d’expédition, 15/5
au classement intermédiaire, il a fini
15/2. Ce qui, il l’avoue lui-même, peut
paraître fade en regard de la masse de
travaux pratiques. Besogneux ? « Vu
ma technique, je cale à un certain
niveau, dit-il. Mais ce n’est pas parce
qu’on fait beaucoup de matches qu’on
les aborde plus relâché. Il ya dela lassitude,
on est moins motivé, on laisse
filer le premier set. La fatigue intervient,
on fait des demi-volées de compensation
et les fautes s’enchaînent.
Mais quand on est blasé, on peut aussi
lâcher les coups plus facilement.
Quand on joue en automate, on est
parfois sur un nuage… »
À mi-chemin entre l’évanouissement
et la transe, Arnaud Pujuguet a fini par
remporter le Grand Prix du journal la
Provence, Grand Chelem d’un genre
nouveau récompensant les Sudistes
tennismen les plus assidus. Avec
5 points pour une victoire (1 point de
bonus pour une perf d’un échelon), il a
pulvérisé la concurrence avec 225
points d’avance. Avec la nature du prix
– deux jours tous frais payés à Roland-
Garros, Wimbledon et Flushing Meadows
! –, on comprend mieux les raisons
de cette folle chevauchée. « Mais
il n’y a pas que ça, dit-il. Il y avait aussi
l’idée d’un challenge. Me prouver que,
sans technique, mais avec beaucoup
de volonté, on pouvait arriver à
quelque chose. »
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Kid Stefano
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MessageSujet: Re: TENNIS AMATEUR, DES ANECDOTES   Ven 1 Juin - 9:57

Impressionnant, ce dernier post! Shocked
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MessageSujet: Re: TENNIS AMATEUR, DES ANECDOTES   Lun 4 Juin - 10:52

Le vol de Gégépilote


ON NE DEVRAIT PAS raconter aux
enfants l’histoire de Gégépilote (*), le
plus frondeur des amateurs. En 1992,
ce modeste licencié savoyard parti à la
conquête du grand monde – le bac à
peine en poche – réalise le grand chelem
de l’esbroufe. Perth (Australie),
Hopman Cup : spectateur turbulent, il
chambre tant et tant Henri Leconte,
associé en double à Julie Halard, que
ce dernier, excédé, propose à « cette
grande gueule » de venir sur le court.
Et voilà Gégépilote sur un central
comble en train de faire des balles avec
la Suédoise Lindquist avant de faire la
bise à Halard et de se réfugier dans les
tribunes.
Perth, toujours : forçant le passage au
gré de relations nouées grâce à son
sens aiguisé de la palabre, il arrive à
s’inscrire avec un « ami » australien
dans un Challenger en double. Et voilà
Gégépilote, d’un petit niveau de troisième
série, opposé sur herbe au
1er tour à un équipage formé notamment
de Neil Borwick, ancien 104e
mondial. Exécuté, mais ravi de la
leçon. Paris, Roland-Garros, quelques
mois plus tard : à la suite d’une interruption
due à la pluie, habillé comme
un joueur de tennis (sa grande taille
peut faire illusion), il parvient à suivre
sans badge des joueurs au vestiaire. Et
voilà Gégépilote qui n’en croit pas ses
yeux de brigand passionné, assis entre
Stich et Korda, devant Sampras à poil
qui sort des douches et Connors
mimant la démarche d’un papy avec
un parapluie à lamain. Après un aprèsmidi
passé dans le quartier des
joueurs, l’histoire dérape. « Avant de
partir, je voulais un souvenir. Il y avait
plusieurs sacs de tennis et j’ai eu le
culot d’en prendre un au hasard. Le sac
sur le dos, je quitte le stade, signe deux
autographes à des gamins (j’ai signé
Polo...). Direction le métro où j’ouvre
mon butin. C’était le sac de Kucera
avec son badge. J’étais un peu déçu,
j’aurais aimé celui d’un grand nom...
Mais il y avait cinq raquettes bleues
d’unedrôle de marque. Et j’ai joué avec
pendant deux ans. »
Si Kucera nous lit, qu’il sache donc
qu’en1992 son sac n’avait pas été volé
par un collègue de l’ATP, mais par
Gégépilote, osant quinze ans plus tard
un vibrant mea culpa. « Merci de faire
passer le message que j’ai toujours
regretté mon geste. Mais c’était
tentant en tant que passionné de
tennis ! »
Après bien des péripéties via le Canada
(études à l’université de Montréal),
Hawaii (prof de plongée), la Chine
(commerce divers), il réussit à Paris
(prof d’EPS) son ultime banco tennistique
en se faisant surclasser à 2/6 par
la FFT à son retour au pays. Car, à
l’exception d’un troublant service
hyper lifté de gaucher, son potentiel
reste assez limité. Devenu citoyen
américain, ce pilote de jet privé fiancé
à un agent de stars vit aujourd’hui à
Los Angeles. Familier de Kournikova et
des petits potins de Beverly Hills, il
savait bien avant tout le monde que
Federer avait choisi Sampras comme
sparrin
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Babou
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MessageSujet: Re: TENNIS AMATEUR, DES ANECDOTES   Lun 4 Juin - 12:20

La suite la suite !!! Shocked Very Happy
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arabem
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MessageSujet: Re: TENNIS AMATEUR, DES ANECDOTES   Mar 5 Juin - 11:13

Champion du monde !
PROFESSIONNEL OU AMATEUR ?
Franck Février navigue entre les deux
mondes. C’est d’abord un pro virtuel
touché par le mauvais sort, au parcours
inclassable. À seize ans, il est
perdu pour les paillettes. 4/6, juste trop
bon pour les copains, juste pas assez
pour percer. Rebondissement à dixsept
ans : le voilà – 4/6. Six échelons
d’un coup ! Non tamisé par les filets
fédéraux, il rattrape son retard à la
vitesse d’un smash pour obtenir une
wild-card pour le tournoi junior de
Roland-Garros 1983, l’année divine.
Chez les grands, Noah fait sa saga.
Juste après, sur le central effervescent,
Février perd en finale contre Edberg.
Mais un préparateur physique trop
zélé fragilise les cartilages de son
genou gauche. Opéré six fois, il rejoint
le cercle des infortunés légendaires.
Jeune coach au Waregem Business
Center (Malisse, Norman), entraîneur
fédéralà l’INSEP(Mauresmo, Dechy), il
vit seulement le rêve par procuration
avant de prendre les commandes du
club de Viry-Châtillon. Onze courts,
500 membres. « En plein essor », se
félicite-t-il.
Resté hors circuit, il saura alors
s’inventer un nouveau rêve encore
plus magique que celui de faire grandir
un grand club dans l’Essonne. C’est sur
le terrain, le genou assagi, qu’il ferraillera
avec ses frustrations. Est-ce parce
que ses cheveux longs et bouclés le
figent dans une posture post-adolescente
? Le voilà qui repart à l’assaut
avec l’ardeur juvénile. Alors qu’il
reprend à peine en 1999, replongé à
1/6, il est à créditer de la plus grande
perf de l’histoire de France (à moins
que les historiens nous contredisent) :
à l’occasion d’un match en Interclubs
en Nationale 1 A, il bat le numéro 13
français de l’époque, Jean-Philippe
Fleurian (6-1, 6-3)… Lancé, l’ambition
de devenir champion de France des
35 ans le pousse à s’entraîner pour
resurgir à – 30. À quarante ans, il
devient le quadragénaire le mieux
classé de France.
L’hiver dernier, sélectionné de dernière
minute dans l’équipe de Melun, il
n’est pas ridicule face à l’immense Llodra
du Paris Jean-Bouin-Team Lagardère
qu’il breake d’entrée avant de
s’incliner (6-3, 6-0). Entre-temps,
Février était passé à l’étape planétaire.
Faute d’avoir jadis essaimé ses coups
droits à Cincinnati, Monte-Carlo ou
Melbourne, il devient la terreur de Durban
(Afrique du Sud) et Antalya (Turquie),
le siège des deux dernières éditions
des très officiels Championnats
du monde des 35, 40, 45, 50 ans, etc.
Membre d’une délégation au label
FFT, catégorie 40 ans, il a signé le doublé
parmi des vieux briscards mondiaux.
Comme lui, des durs à cuire jamais
estampillés « vieilles gloires locales »,
mais jamais non plus très éloignés de
l’élite pendant leur jeunesse. À quarante-
deux ans, crédibilisé par ces trophées,
le Federer quadragénaire est
sponsorisé par Nike. Professionnel ou
amateur, éternel débat… « Ces titres
sont une satisfaction personnelle,
répond-il simplement. Je n’ai pas eu la
chance de faire carrière, et ça me fait
plaisir d’en faire une chez les vieux. Ça
donne du crédit à mon métier, et c’est
un plus quand je vais voir les élus pour
leur demander une bulle (terrain couvert)
supplémentaire… »
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arabem
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MessageSujet: Re: TENNIS AMATEUR, DES ANECDOTES   Mer 6 Juin - 10:15

Devine qui vient jouer
ce matin ?


MICHEL LARROUTUROU, cinquante-
quatre ans, 30/1 sorti du
tableau des quatrièmes séries, arrive
« en vrac » le matin au tournoi de Gap
de l’année 2003. La veille au soir, il
était encore àMarseille pour apprécier
le match de Federer en nocturne du
tournoi Open 13. Dans le club, il aperçoit
des caméras de France 2 filmant
les coulisses de ce tournoi amateur.
« Tiens, ils s’occupent d’un tournoi de
province maintenant, c’est bien », se
dit-il. Un reporter l’accoste. « Content
de participer ? » « Sympa, ce journaliste
», se murmure-t-il à lui-même.
Petit bonheur fugace : il est programmé
sur le central. Mais l’adversaire
n’est toujours pas là et de nombreux
spectateurs garnissent les deux rangées
de l’estrade. Curieux, son tennis
plutôt attentiste n’avait jusque-là
jamais éveillé l’intérêt général. Et voilà
que le président organisateur du comité
05, complice avec toute la famille
d’un secret bien gardé, s’avance le
micro en main. « Mesdames, messieurs,
j’ai le plaisir de vous annoncer
le match entre monsieur Larrouturou
du TC les Embruns et monsieur (roule-
ment de tambour) Arnaud Clément
! » ? !
Et déboule Arnaud Clément du TC ATP,
le vrai, hilare et malicieux, inscrit dans
ce tournoi qu’il avait jadis disputé en
modeste 15/2. Mettons-nous une
seconde à la place de Michel Larrouturou,
veinard suprême extirpé d’une
cohorte de joueurs du dimanche ayant
tous fantasmé de taper deux balles
avecun pro. Certes désarçonné, il avait
au moins une heure devant lui pour
l’expérience ultime...
Au fait, pourquoi lui ? Sûrement parce
qu’il était le plus ancien inscrit du tournoi,
d’une sagesse certifiée conforme
pour ne pas gâcher ce scénario un brin
irréel. Car, s’il était en chair et en os,
Arnaud Clément, blessé au poignet,
jouait le tournoi de la main gauche
pour maintenir l’organisme en éveil.
Comme aux Jeux du cirque, le professionnel
amoindri défiait l’amateur
ébahi ? Qu’advint-il ? 6-1, 6-1 pour le
premier. Et des sensations contradictoires
gravées à vie pour le second.
« Bien sûr, c’est la clef de voûte de ma
carrière. Mais j’étais perturbé, quand
même ! Si au moins on m’avait prévenu…
Je me répétais : t’as une sacrée
chance, t’as une sacrée chance, mais je
le regardais jouer. Et il se débrouillait
pas mal du tout, même au service.
J’avais l’impression de jouer contre un
mur, il anticipait sur tout, il se déplaçait
partout. Quelle vélocité… »
Après le match, Michel déjeuna avec
son« collègue », commeil peut se permettre
del’appeler désormais. Puis il le
revit une fois ou deux au tournoi de
Marseille, toujours aussi « convivial ».
Médiatisé par cette joute insolite, il fut
reconnu deux ans plus tard lors d’un
tournoi dans un village de vacances,
référencé à jamais comme le plus verni
des amateurs. Converti désormais au
vélo qu’il lance à la conquête des
Hautes-Alpes, il fut doublé un jour
dans le col de l’Izoard par Lance
Armstrong en reconnaissance. Jamais
avare d’une confrontation avec les
meilleurs, il tenta de prendre le sillage
de l’Américain, moins partageur que la
« Clé » dans l’expérience du « proam
».
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arabem
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MessageSujet: Re: TENNIS AMATEUR, DES ANECDOTES   Ven 8 Juin - 11:00

Grossesse et match


MAMAN AURA soixante-douze ans
en octobre. La Fédération avait utilisé
un jour ce slogan : « Le tennis, ce sport
de toute une vie », et je trouve que cela
reflète exactement son parcours. Elle a
toujours eu une santé de fer, sans
doute forgée lors de ses innombrables
footings dans les dunes de Casablanca
quand nous vivions au Maroc. Pour
vous donner un exemple de sa robustesse,
je pourrais vous dire qu’elle a
toujours utilisé un manche de raquette
de taille 5.
Mais pour s’en tenir à ce seul chiffre 5,
j’ai un exemple encore plus frappant à
vous livrer : maman a eu cinq enfants
sans que cela ne nuise jamais à son
épanouissement sportif… Quand elle
a gagné l’Espérance en 1955 (le Championnat
de France des « troisième
série »), elle était enceinte de trois
mois et demi. Même quand elle avait
un petit ventre de six mois, elle tapait
encore dans la balle. Après l’accouchement,
il ne lui fallait pas trop de temps
pour retrouver les courts. Un mois et
demi…
Après chaque grossesse, elle montait
d’un échelon au classement. « Mais
c’est toi (je suis le cadet), m’a-t-elle dit
un jour en rigolant, qui m’as fait monter
le plus haut ! »Après manaissance
en 1964, elle a gagné le Critérium
(Championnat de France des « deuxième
série ») en 1966 avant de rééditer
cette performance en 1969. J’ai
récemment relu les collections de Tennis
de France de l’époque. « Une
mamande cinq enfants fait la loi, peuton
lire. Cette ravissante Casablancaise,
régulière et courageuse, remet
la balle autant de fois qu’il le faut. Gare
à son adversaire si on lui laisse l’ouverture.
»
Les gens ont toujours dit d’elle que
Françoise était une battante qui se
révélait dans les matches épiques.
En 1963, autre fait d’arme, elle a eu le
redoutable honneur d’affronter à
Roland-Garros cette grande championne
de Margaret Court qui l’avait
battue 6-1, 6-2. C’était une époque où
les joueuses classées en deuxième
série pouvaient intégrer directement le
tableau final dans un tournoi baigné
d’une relative discrétion. D’ailleurs, à
part une photo où elle pose en manteau
à côté deMargaret (il n’y avait pas
de survêtement à l’époque), maman
ne conserve pas beaucoup de souvenirs
de cette rencontre. Si ce n’est
« qu’il y avait peu de spectateurs »...
Après avoir côtoyé les sommets,
maman n’a jamais cessé de jouer.
Quand je rentrais de l’école, j’allais au
TC Chavril de Lyon pour être sûr de la
retrouver. Pendant trente-deux ans,
de 1955 à 1987, elle n’est jamais descendue
en dessous de la deuxième
série. Elle a atteint toutes les finales
des Championnats de France des plus
de 40 ans au plus de 70 ans, gagnant
en 2000 l’édition des plus de 60 ans.
C’est dire si sa santé est exceptionnelle.
Je ne l’ai jamais vue malade.
Aujourd’hui encore, elle est classée 30
et joue régulièrement, au moins trois
heures par semaine.
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MessageSujet: Re: TENNIS AMATEUR, DES ANECDOTES   Sam 9 Juin - 9:28

Prince Igor

DANS LES ANNÉES 60 vivait sur la
Côte d’Azur un professeur de tennis
classé – 4/6 qui faisait les beaux jours
du Cannes Tennis Club en Championnat
par équipes. Mais pas n’importe
quel prof : un prince russe, fils d’une
princesse et d’un premier ministre du
tsar, Igor Tscherbatoff, débarqué en
France en pleine clandestinité dans les
années 20. Il mit toujours un point
d’honneur à se déclarer apatride pour
ne pas bénéficier d’avantages indus
dans son pays d’adoption. Pour travailler
sa condition physique, il donnait
ses cours avec très peu de balles,
préférant courir plutôt que de les piocher
dans le panier. Il n’était pas rare
de le voir se balader à lamaison sur les
mains pour endurcir ses bras. Le prince
avait ses excentricités… Mais Igor
avait surtout deux particularités. La
première était qu’il était à la recherche
du manche idéal, puisque le sien ne
convenait jamais à sa main spécialement
petite. À chaque changement de
côté, il s’asseyait, prenait une lame de
rasoir, ôtait le cuir et limait légèrement
pour enlever un millimètre sur un côté
du manche. Et ainsi de suite jusqu’à ce
que l’empreinte de sa main se fige
idéalement. Mais, à force de limer, il
rabotait trop. Le soir, Igor devait alors
rajouter de la pâte à bois sur le
manche. Sa vie fut consacrée à la
recherche du manche parfait, un Graal
rarement atteint. Ce n’est qu’exceptionnellement
qu’il put tenir sa
raquette comme il l’entendait. Cela ne
l’empêcha nullement de jouer comme
un prince, juste derrière les professionnels
qui se comptaient à cette époque
sur les doigts des deux mains. Prince
Igor, comme on l’appelait sur la Riviera,
avait une autre caractéristique.
C’étaitun modèle defair-play. Je l’ai vu
– et cela m’amarqué à vie – systématiquement
faire la chose suivante :
quandson adversaire tombait pendant
un échange, et cela à n’importe quel
moment du match, il lui donnait le
point suivant, commettant volontairement
une double faute ou un retour
dans le filet. Exceptionnelle attitude…
qui nous rendait comme fous sur certains
points décisifs de matches en
Interclubs ! Qu’importe notre état, il
remettait toujours les points litigieux.
Il avait même poussé son talent au
cours d’un double mixte en suggérant
à la dame d’en face, qui venait de commettre
une double faute : « Remettez
deux balles, vous n’étiez pas prête. »
Mais, ce jour-là, il me sembla que
Prince Igor se mordit les lèvres pour ne
pas éclater de rire. Igor vit toujours à
Cannes. Du Gallia Tennis Club au
Cannes Tennis Club en passant par la
Monfleury, il affirmait qu’il était éternel.
Cela ne sera sans doute hélas pas
vrai. Mais je tiens à dire à cet homme
de quatre-vingt-huit ans que sa sportivité
légendaire lui survivra.
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MessageSujet: Re: TENNIS AMATEUR, DES ANECDOTES   Dim 10 Juin - 10:04

Le 30/2 de l’ATP


AU COURS des deux ans et demi que
j’ai passés à la Réunion, entre 1996 et
1998, j’ai côtoyé à Saint-Gilles-les-
Bains un certain Philippe Poisson, seulement
30/2 et pourtant 1 051e joueur
mondial en double. Pas un vrai 30/2 ?
Si, si. Un 30/2 totalement classique.
Grâce à une condition physique acceptable,
il ne courait pas trop mal sur le
court. Mais c’était un croco tranquille,
sans coup d’exception. Nous jouions
au rugby et au tennis ensemble lorsqu’il
me lança cette phrase après un
match que je venais de gagner :
« Tu sais que tu viens de battre un gars
classé à l’ATP ? » Évidemment, je
croyais qu’il charriait. Mais pas du
tout. Vérification faite, il était bien
dans les listings des joueurs professionnels.
Pour comprendre le subterfuge,
il faut savoir que se tenait au
début des années 1990 un tournoi
Challenger doté de 50 000 dollars à la
Réunion. Première escale avant
l’étape à l’île Maurice, ce circuit attirait
bon nombre de joueurs français sans
doute séduits par les douceurs de
l’océan Indien. Philippe Poisson présentait
la particularité d’être cordeur
sur ce tournoi et fréquentait ainsi les
joueurs pour qui il officiait. En 1994, il
rencontra Arnaud Casagrande (futur
coach de Nicolas Escudé et alors
834e joueur mondial), inscrit cette
année-là en simple et qui cherchait un
partenaire pour le double. Au culot,
Philippe saisit aussitôt au rebond cette
magnifique opportunité. « Arnaud, on
s’inscrit ensemble et on joue à fond ! »
Cool, comme il a l’air d’être, Casagrande
n’a pas pu refuser cette proposition
indécente. Aujourd’hui, il ne se
souvient pas vraiment de cette aventure.
Il dit seulement que s’il s’est
lancé, c’est « que le gars devait être
sympa »... Sans attendre son reste,
Philippe, lui, était aussitôt parti payer
les droits d’inscription pour se retrouver
le lendemain sur le court au premier
tour des qualifications. Dernier
tour, en fait, faute de participants...
Et le pire, c’est que cette paire totalement
hétéroclite gagna son match 4-6,
6-2, 6-3 ! 8 octobre 1994, date historique
sur le circuit : un 30/2 gagne sa
place dans un tableau final chez les
pros. Il faut dire qu’en face les Français
Chevy-Darnal avaient à peine seize
ans… Arnaud Casagrande préfère
imaginer qu’il « avait dû être monstrueux
et que ce Poisson avait dû faire
un point avec une volée let
gagnante »...
Battu au premier tour du tableau final,
Philippe avait quand même marqué
ses premiers points ATP, juste assez
pour se retrouver classé 1 051e en
double. Mais l’histoire, déjà remarquable,
ne s’arrête pas là. L’année suivante,
grâce aux points engrangés,
Philippe put s’inscrire directement,
associé avec un autre 30/2 de sa
connaissance, Frédéric de Rouvroy.
Comble du comble, les deux compères
eurent le bonheur de se tester face à
l’Anglais Tim Henman, alors en début
de carrière et aux portes du top 100,
associé à un certain Richardson.
Le score peut interpeller sur la qualité
de la résistance réunionnaise : 6-3, 6-4
pour les Britanniques. En fait, sous les
yeux d’une foule conquise par les
locaux, Henman et Richardson jouèrent
le jeu pour faire durer le show des
chouchous. À ce jour, Philippe joue
toujours à Saint-Gilles, à la Réunion.
Désormais 30/5, il a régressé auclassement
français. Et ne figure plus à l’ATP.
Mais, sur sa fiche, on peut toujours lire
ses gains amassés durant sa carrière
« pro » : 370 dollars.
EMMANUEL COLAS
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